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Adieu et merci à Sophie Lauwers, directrice générale de BOZAR

Adieu et merci à Sophie Lauwers, directrice générale de BOZAR

Sophie Lauwers, récemment nommée Directrice Générale de BOZAR après en avoir été la Directrice des Expositions pendant dix ans, s’est éteinte, ce dimanche 29 mai, entourée des siens, des suites d’une maladie avec laquelle elle vivait depuis de nombreuses années.

La directrice générale de BOZAR, Sophie Lauwers est décédée chez elle, à l’âge de 55 ans, entourée de ses proches, le dimanche 29 mai, en raison de son état de santé qui s’est soudainement dégradé. Une cérémonie d’adieu autour de sa crémation a eu lieu mercredi dans l’intimité et la discrétion comme souhaité par sa famille. Un registre de condoléances public est ouvert à compter de ce jeudi au Palais des Beaux-Arts à Bruxelles.

Moment d’immense tristesse pour ses équipes et collaborateurs de BOZAR alors que l’institution fête son Centenaire, cette année. Pour beaucoup, elle était une figure emblématique du monde la culture belge.

Pour moi, journaliste débutant et autodidacte, elle demeure également cette figure singulière, énigmatique, aux traits reconnaissables, cette femme- silhouette furtive avec ses grandes lunettes, que j’avais pu croiser à l’époque de Bruxelles 2000 alors que j’étais directeur des Halles Saint-Géry. Figure discrète qui m’était revenue, des années après, lors des conférences de presse des expositions de BOZAR.
BOZAR, une institution phare de Bruxelles qu’elle a marqué de sa présence, de son empreinte, d’un investissement personnel de 20 années, pendant lesquelles Sophie Lauwers a embrassé les fonctions de coordinatrice d’expositions, avant de devenir, à partir de 2011, la directrice de département et finalement, ces derniers mois, en tant que directrice générale. Son mandat de six ans avait débuté le 1er novembre. Elle succédait alors à Paul Dujardin, qui occupait ce poste depuis 2002.

Un moment de tristesse qui ne peut nous faire oublier tout ce qu’elle a pu nous offrir, ces grands moments de rencontre autour de l’art, ces ponts qu’elle a jeté entre arts classiques et arts contemporains, entre arts visuels et autres disciplines et autres expressions artistiques.
Une balade à travers le monde, et à travers les temps, à travers l’art ancien, les grandes figures de la première moitié du XXème Siècle et les artistes contemporains nationaux et internationaux. Sans compter, ce regard plus récent sur l’art digital, et les émergences expérimentales.

Je me souviens de cette plongée dans notre art ancien national sur les traces de Theodoor Van Loon et de Bernard Van Orley. Je me souviens de Theo Van Doesburg, de Picasso en sculptures, d’avoir été bleu d’Yves Klein, des mouvements lents de Pol Bury, de la peinture aux formes simplifiées de Fernand Léger, de figures énergiques de Keith Haring, artiste de mon adolescence, de la découverte de Roger Raveel.
Je me souviens d’avoir pris en plein visage cette explosion et fragmentation des styles alors que je parcourais seul la magnifique exposition ‘Power of Avant-garde’. Je me souviens d’avoir regardé au-delà de Klimt aussi, d’avoir plongé dans la gestuelle des Expressionnistes Abstraits japonais du Gutaï.

Et puis, il y eu aussi Michaël Borremans. As Sweet As It gets (2014), Pascale Marthine Tayou. Boomerang (2015), Jacqueline Mesmaeker. Ah, quelle aventure! (2020), David Hockney en 2021
Je me souviens de toutes ces expositions satellites qui ont fait fibré les moindres recoins de BOZAR : Valérie Manaerts, Orla Barry, Dirk Braeckman, Kader Attia, Benoit Platéus, Tshela Tendu & Vincent Meessen, Charlemagne Palestine, Ana Torfs, Sophie Whettnal, Anne Daems, …
Je me souviens aussi des grandes expositions thématiques et multidisciplinaires ; celle des Summer of Photography et certainement de l’exposition ’ WOMAN, The Feminist Avant-Garde of the 1970s’, sur laquelle j’ai écrit ma première chronique.
Je me souviens m’être arrêté quelques heures à l’ Hotel Beethoven ‘ en 2020, je me souviens de la très sensible et magnifique exposition’ Danser brut ‘, la même année

Je me souviens de tout. Et je voudrais rompre ce moment de silence et lui dire tout simplement MERCI, merci pour ces années de voyages artistiques.

Sophie Lauwers, au milieu de ses équipes

« Avec elle, Bozar perd une directrice expérimentée et une collègue inspirante. Jusqu’au bout, Sophie a continué à travailler pour notre maison. Nous garderons le souvenir d’une personnalité subtile vivant sa vie avec passion et beaucoup d’humour. Sophie puisait sa force dans la beauté, dans l’art, et la transmettait à son entourage avec le sourire. »

‘Sophie considérait son mandat de directrice générale comme la pierre angulaire d’un travail d’équipe, un voyage à la croisée de ce que nous connaissons déjà et de ce qu’il nous reste à découvrir. Les artistes créent du lien, ils font acte de générosité et nous ouvrent les portes de l’imagination : voici trois aspects qui étaient au cœur de sa vision culturelle. Dans sa lettre de candidature, on pouvait lire : « Le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles est l’institution qui m’a littéralement modelée. J’y ai appris à gérer la complexité, à y consolider mes convictions dans un monde en perpétuelle évolution et à rester efficace dans des circonstances changeantes tout en renforçant ma capacité d’adaptation. Par la prise de risque et la formulation de propositions, je n’ai jamais cessé de grandir et d’apprendre. J’ai également appris à avancer collectivement et à voir l’importance de la nuance, dans un monde où le consensus n’est pas acquis et où la diversité est une force, malgré toutes les frictions qu’elle peut parfois provoquer. »’

Je tiens à adresser ici toutes mes plus sincères condoléances à son époux, ses enfants, sa familles, ses amis et collègues de BOZAR.

Registre de condoléances
Du 10 au 28 juin, le Palais des Beaux-Arts ouvre un registre de deuil public, conçu par Valérie Mannaerts. Chacun est invité à y écrire un mot d’adieu, tous les jours entre 10h et 18h. Les personnes souhaitant faire parvenir à la famille de Sophie un message de condoléances peuvent l’envoyer à l’adresse : Bozar/Sophie Lauwers – Rue Ravenstein, 23 – 1000 Bruxelles.

La continuité des différents services de Bozar est assurée. La gestion quotidienne se poursuit sous l’autorité du Comité de direction et du Conseil d’administration.

 

Sophie Lauwers
Sophie Lauwers, portrait, (c) photo Jef Jacobs, BOZAR, Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, Boombartstic Art Magazine

 

Sophie Lauwers
Sophie Lauwers, portrait, (c) photo Caroline Lessire, BOZAR, Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, Boombartstic Art Magazine

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