Young Belgium, la jeune scène contemporaine belge

Young Belgium, la jeune scène contemporaine belge

La Patinoire Royale – Galerie Valérie Bach continue son exploration de la scène belge moderne et contemporaine. Après les expositions historiques ‘Sculpting Belgium’, ‘Painting Belgium’ et ‘Belgian Women’ ; focus sur la jeune scène belge contemporaine, avec ‘ Young Belgium ’, un nouvel opus à voir jusqu’au 27 février 2021.

 

Young Belgium, OPUS 1 : Ineffable est le premier rendez-vous annuel, proposé par La Patinoire Royale – Galerie Valérie Bach, avec la jeune scène artistique contemporaine belge. Plongée dans les créations de six artistes émergents de moins de quarante ans, nés et établis en Belgique, ayant déjà une certaine reconnaissance de leur travail et réunis pour cette exposition initiale autour du thème de l’ineffable, de l’inexprimable.

Young Belgium, Alice Leens

Au fondement de la pratique textile d’Alice Leens : le fil, la corde, qui s’étire, se met en tension, s’enroule, se tisse, se coupe et se colle. Une longue constitution de fibres tressées entre elles, comme un ADN.

Des propositions textiles monochromes, jaune-corde, qui n’hésitent pas à quitter le bidimensionnel des œuvres murales pour révéler leur tridimensionnalité, leur volume mais aussi leur force, leur résistance. Une expression linaire qui construit de multiples formes géométriques simples. De ce matériau apparemment sans grandeur naissent de compositions apaisantes, sensuelles, poétiques. Notez lors de votre visite, ces deux installations faites de fines lattes de pin, arquées, dont la forme ne tient qu’à un fil.

Quittant le champ défini par l’artisanat, la couture ou les arts appliqués, la corde, chez Alice Leens reprend sa vie propre ; simple évocation et matérialisation d’une ligne en toute liberté.

 

Young Belgium
Alice Leens, exposition Young Belgium, La Patinoire Royale – Galerie Valérie Bach, 2021, (c) Alice Leens, (c) photo Eric Mabille, Boombartstic Art Magazine

 

Young Belgium, Sahar Saâdaoui

Au l’origine du travail de Sahar Saâdaoui : ses carnets, ses répertoires d’idées plastiques, de formes ; recensements hérités de sa formation de designer textile à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles.

Les dessins, les esquisses, les cartons, les projets, les patrons, les échantillons de tissus et de motifs, les fils : tout ces éléments détaillés prennent place dans des compositions qui les font passer du monde des arts appliqués à celui des arts plastiques.

Une translation presque rituelle, orchestrée, codée comme un alphabet. De menus déplacements d’un point à un autre, qui nous obligent à nous approcher, oubliant un instant l’ensemble pour le détail initial, celui dont tout est parti. Un détail qui vibre, s’irise, éclate, s’étire, s’étoile. Un détail, fil d’Ariane d’une écriture cryptée, sensible, suspendue à sa fragilité, préservé sous verre ou enchâssés dans de simples boîtes vitrées et leurs univers textiles.

 

Young Belgium
Sahar Saâdaoui, exposition Young Belgium, La Patinoire Royale – Galerie Valérie Bach, 2021, (c) Sahar Saâdaoui, (c) photo Vincent Everarts, Boombartstic Art Magazine

Young Belgium, Léa Belooussovitch

La violence pourrait-elle être rendue supportable ou acceptable si elle rencontrait le champ de l’esthétisme et des arts visuels ? Question générique qui guide le travail de Léa Belooussovitch. L’artiste glane au hasard de recherches sur Internet des images irregardables, pétries de violence – scènes de massacre, d’attentats, d’accidents – sur lesquelles elle zoome jusqu’à la perte du motif, pour ne laisser apparaître qu’un univers de taches de couleurs. Ainsi adoucies, ces scènes diluées dans un flou curatif ; elle les reproduit, les dessine au crayon de couleur sur la surface velouté d’un support de feutre blanc. Réhabilitation thérapeutique du réel dans cette tentative de guérir la violence par la douceur.

Dans une autre série, Léa Belooussovitch dessine sur papier avec méthode et régularité les ultimes paroles et lettres des condamnés à mort, prisonniers au Texas, avant de les sanctuariser sous verre. Plus loin, elle s’empare de photographies de violences policières et en extrait les victimes par un logiciel de traitement d’image comme pour les soustraire à leur sort. Tout autre sort pour les victimes décédées en Belgique des suites d’homicides non élucidés puisque leurs noms se retrouvent inscrits sur des serpillères, rangées de côté, accumulées en une pile sur le sol.

 

Young Belgium
Léa Belooussovitch, exposition Young Belgium, La Patinoire Royale – Galerie Valérie Bach, 2021, (c) Léa Belooussovitch, (c) photo Vincent Everarts, Boombartstic Art Magazine

Young Belgium, João Freitas

Sous la surface des supports, une autre réalité sous-jacente d’une indevinable constitution. Comme dans un véritable travail d’autopsie, João Freitas dissèque la matière, en révèle les couches organiques, nous livrant ses surfaces de cartons, de tissus, de matériaux divers, exposées, écorchées, meurtries, vivantes d’un travail répétitif de grattage, griffure, ponçage, d’usure, d’arrachage brutal ou appliqué de matière. Une série d’œuvres matiéristes, réécrites par la gestuelle de l’artiste qui les dépouille de leur version originale pour en proposer, altérées en surface, une altérité.

 

Young Belgium
João Freitas, exposition Young Belgium, La Patinoire Royale – Galerie Valérie Bach, 2021, (c) João Freitas, (c) photo Vincent Everarts, Boombartstic Art Magazine

Young Belgium, Hannah de Corte

Hannah de Corte, quant à elle, nous plonge dans la nature-même de la toile ; quittant son rôle de support éternel pour devenir espace d’expression et de créativité. Comme un alchimiste, l’artiste, prend plaisir à expérimenter, à jouer avec les caractéristiques de la toile : la porosité de ses fibres, sa perméabilité, son grain, sa texture, ses points de tissages, les fils de trame dont elle n’hésite pas à surligner l’existence d’une ligne pointillée rouge tracée au feutre marqueur. Hannah de Corte joue avec la toile, comme on jouerait d’un instrument, nous en révélant sa musicalité, sa rythmique, sa résonnance.

 

Young Belgium
Hannah de Corte, exposition Young Belgium, La Patinoire Royale – Galerie Valérie Bach, 2021, (c) Hannah de Corte, (c) photo Vincent-Everarts, Boombartstic Art Magazine

 

Aux échos visuels de ces artistes répondent ceux sonores, faiblement audibles et inquiétants de Pierre-Laurent Cassière, laissant le visiteur au cœur de réverbérations de sons qui se choquent et se répercutent sur les murs de la galerie sans qu’il ne sache identifier avec certitude où en est la source. Bruit qui ne dit rien ni de ce qu’il est, ni d’où il vient.

 

Young Belgium –
OPUS 1 : Ineffable
La patinoire Royale – Galerie Valérie Bach
Rue Veydt 15
1060 Bruxelles
Du mercredi au samedi, de 14h à 19h
Jusqu’au 27 février 2021
https://www.prvbgallery.com/

 

Young Belgium
Alice Leens, exposition Young Belgium, La Patinoire Royale – Galerie Valérie Bach, 2021, (c) Alice Leens, (c) photo Vincent-Everarts, Boombartstic Art Magazine

 

Young Belgium
Sahar Saâdaoui, exposition Young Belgium, La Patinoire Royale – Galerie Valérie Bach, 2021, (c) Vincent Everarts, Boombartstic Art Magazine

 

Young Belgium
Léa Belooussovitch, exposition Young Belgium, La Patinoire Royale – Galerie Valérie Bach, 2021, (c) Léa Belooussovitch, (c) photo Vincent Everarts, Boombartstic Art Magazine

 

Young Belgium
João Freitas, exposition Young Belgium, La Patinoire Royale – Galerie Valérie Bach, 2021, (c) João Freitas, (c) photo Eric Mabille, Boombartstic Art Magazine

 

Young Belgium
Hannah de Corte, exposition Young Belgium, La Patinoire Royale – Galerie Valérie Bach, (c) Hannah de Corte , (c) photo Eric Mabille, Boombartstic Art Magazine

 

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