Published 17 octobre 2026 Commentaires 0 Commentaire Par Eric Mabille Tags BruxellesgalerieJacques SojcherLe Salon d'ArtNathalie Amandphoto-collagePhotographie contemporaine Nathalie Amand, La Botanique : érotisme végétal et hybridation visuelle au Salon d’Art à Bruxelles À Saint-Gilles, le Salon d’Art accueille l’exposition La Botanique , les photocollages de Nathalie Amand jusqu’au 17 octobre 2026 : une déambulation intime où papier ancien et tirage argentique célèbrent une sensualité baroque et joyeusement transgressive. Je découvre [+] Une botanique du désir et des métamorphoses L’alchimie du papier ancien et du tirage argentique Le regard, le corps et le piège du voyeurisme Dans l’oeil de Boombartstic Une botanique du désir et des métamorphoses Un corps devient tige, une fleur se fait chevelure, un papillon répond à une main : l’exposition déploie un monde végétal animé, traversé par des silhouettes féminines, des floraisons, des insectes et des fruits aux formes suggestives. Dans cet univers discret, la nature n’établit jamais un simple décor ; elle formule un langage de la métamorphose, du désir et de l’origine. Jacques Sojcher, auteur-préfacier associé au projet, décèle dans ces associations une « libido poétique » et une « joie exubérante ». La formule résume la tonalité des pièces : une sensualité franche, portée par un imaginaire où tout se sexualise, depuis les tiges aux allures phalliques jusqu’aux agencements d’un baroque réjouissant. L’alchimie du papier ancien et du tirage argentique Le geste de Nathalie Amand s’enracine dans les brocantes et les foires aux vieux papiers. Elle y glane des documents imprimés d’époque qu’elle emploie comme matière première avant d’y superposer ses propres prises de vue argentiques. Ce travail d’hybridation visuelle prend la forme de palimpsestes où cohabitent plusieurs époques et mémoires distinctes. Photographe attachée au format moyen et aux mises en scène théâtrales, l’artiste façonne des fictions où le corps et l’objet échangent leurs attributs par le découpage et la juxtaposition. En écho à la parution du Carnet rose aux Éditions de La Pierre d’Alun sur des textes de Jacques Sojcher, l’accrochage prolonge un dialogue serré entre écriture poétique et image hybride. Le regard, le corps et le piège du voyeurisme Au-delà de la virtuosité formelle, le travail de Nathalie Amand interroge frontalement notre position de spectateur. En recyclant des fragments de nus féminins anonymes et des imageries fétichistes héritées du dix-neuvième siècle — dans une filiation trouble qui évoque les obsessions de Félicien Rops —, l’artiste réactive la question du regard et du voyeurisme. Ses compositions ne se contentent pas d’exhiber une sensualité baroque : elles théâtralisent la nudité pour mieux piéger notre œil. Le spectateur n’est plus un simple contemplateur distant, il devient le témoin complice d’un rituel intime où le corps, fragmenté et recomposé, échappe à tout contrôle voyeuriste pour s’affirmer comme un pur territoire de fiction. Dans l’oeil de Boombartstic Dans la discrétion de la galerie Le Salon d’Art à Saint-Gilles, La Botanique de Nathalie Amand prolonge la parution du Carnet rose sur des textes de Jacques Sojcher, publié aux Éditions de La Pierre d’Alun. Cet accrochage offre une halte intime, loin du tumulte médiatique, pour qui cherche à s’attarder sur une proposition plastique singulière. À travers ces photocollages réalisés à la main, l’exposition noue un dialogue exigeant entre la matérialité du tirage argentique et un fétichisme hérité du XIXe siècle, qui n’est pas sans me rappeler les figures obsessionnelles de Félicien Rops. En assemblant des fragments de corps féminins et des motifs végétaux découpés dans des revues anciennes, l’artiste compose un herbier trouble où le désir devient un véritable langage formel. Nathalie Amand signe ici une proposition subtile qui interroge notre position de spectateur face à la théâtralité de la nudité et au jeu des métamorphoses. C’est une exposition à découvrir si l’on souhaite accorder au temps de la visite l’attention qu’il réclame. À lire aussi : Retrouvez mes chroniques et mes coups de cœur au fil des [galeries d’art à Bruxelles]. Nathalie AmandLa BotaniqueLe Salon d’Art81 rue de l’Hôtel des Monnaies1060 Bruxellesjusqu’au 17 octobre 2026du mardi au vendredi, de 14h à 18h30le samedi, de 10H à 12h et de 14h à 17hEn savoir + : http://www.lesalondart.be/ Nathalie Amand, Amorpho-phallus bavard, 23 X 35 cm, photo-collage, exposition La Botanique, Le Salon d’Art, Bruxelles, 2026, (c) Nathalie Amand, courtesy Le Salon d’Art, Boombartstic Art Magazine Nathalie Amand, Le Carnet rose, 14-x-11 cm, photo-collage, illustration du livre Le Carnet Rose avec des textes de Jacques Sojcher, exposition La Botanique, Le Salon d’Art, Bruxelles, 2026, (c) Nathalie Amand, courtesy Le Salon d’Art, Boombartstic Art Magazine Nathalie Amand, Champignon lymphatique, 22 X 33 cm, exposition La Botanique, Le Salon d’Art, Bruxelles, 2026, (c) Nathalie Amand, courtesy Le Salon d’Art, Boombartstic Art Magazine Nathalie Amand, Les Tueurs de la Lune de Miel, 23 X 30 cm, photo-collage, exposition La Botanique, Le Salon d’Art, Bruxelles, 2026, (c) Nathalie Amand, courtesy Le Salon d’Art, Boombartstic Art Magazine Nathalie Amand, Le Carnet rose, 14-x-11 cm, photo-collage, illustration du livre Le Carnet Rose avec des textes de Jacques Sojcher, exposition La Botanique, Le Salon d’Art, Bruxelles, 2026, (c) Nathalie Amand, courtesy Le Salon d’Art, Boombartstic Art Magazine Nathalie Amand, Oiseau du Paradis, photo-collage, exposition La Botanique, Le Salon d’Art, Bruxelles, 2026, (c) Nathalie Amand, courtesy Le Salon d’Art, Boombartstic Art Magazine Nathalie Amand, Orchidée Papillon, 22 X 32 cm, photo-collage, exposition La Botanique, Le Salon d’Art, Bruxelles, 2026, (c) Nathalie Amand, courtesy Le Salon d’Art, Boombartstic Art Magazine Auteur Eric Mabille Fondateur de Boombartstic, j’explore les arts visuels avec la même curiosité que vous : à travers le mouvement, l'instinct et le temps du regard. Spécialiste en gestion de projets culturels, je décrypte l’actualité des arts pour nourrir nos envies de découvertes. Je cultive un soin d’écriture particulier pour partager mes sélections qualitatives d'expositions en galeries et dans les musées, mon agenda, ainsi que mes critiques de livres d'art. Basé à Bruxelles, j’aime dénicher l'inattendu lors de mes escapades en Europe, privilégiant toujours l'immersion des previews presse. Plus qu'un magazine, je conçois Boombartstic comme un compagnon de route pour tous ceux qui, comme moi, aiment vivre l'art avec exigence et authenticité.