Published 20 janvier 2026 Commentaires 0 Commentaire Par Eric Mabille Tags agendaAgenda BoombartsticBRAFA 2026BRAFA Art FairBruxellesFoire d'art BRAFA 2026 : L’Art de préserver pour mieux transmettre Sous les voûtes de Brussels Expo, la 71e édition de la BRAFA s’ouvre du 25 janvier au 1er février 2026 comme une parenthèse nécessaire. Placée sous le signe de la sauvegarde du patrimoine et du jubilé de la Fondation Roi Baudouin, la foire bruxelloise réaffirme sa mission : un lieu où l’objet d’art n’est plus seulement une marchandise, mais le témoin d’une histoire qu’il nous appartient de prolonger. BRAFA 2026 : Le LIVE Boombartstic Pour vous imprégner de l’ambiance de la preview et découvrir mes coups de cœur en temps réel, Boombartstic s’installe au cœur de la foire. Retrouvez-moi sur Instagram tout au long de l’événement. BRAFA 2026, Epoque Fine Jewels, René Lalique (1860-1945, Paris), Collier Chardon Art Nouveau, Paris, vers 1905, Or, diamants, émail et verre, Signé Lalique, Le bijou est présenté dans son écrin d’origine, portant l’inscription Lalique, Place Vendôme 24, Paris, provenance collection privée, France, (c) photo courtesy Epoque Fine Jewels, Boombartstic Art Magazine L’Atmosphère : L’Appartement aux Milles Vies Il y a, dès l’entrée au Palais 4, ce brouhaha feutré, véritable signature acoustique de la BRAFA. Ici, le silence s’achète autant que les œuvres : il naît de l’épaisseur des moquettes où les pas s’étouffent et de la structure même des stands, conçus comme des alcôves intimes. On ne visite pas une foire, on est reçu dans un immense appartement de collectionneur. Les lumières, apaisantes, ne cherchent pas à éblouir mais à révéler la patine d’un bronze ou le grain d’un bois précieux. Malgré l’extension vers le Palais 8, la BRAFA réussit ce tour de force : rester à taille humaine. On déambule avec la sensation d’une dérive privée dans un cabinet de curiosités à l’échelle d’une ville. L’énergie de ce premier jour est celle d’une retrouvaille entre connaisseurs, où l’on prend le temps de saluer un galeriste avant de s’abîmer, comme on le ferait dans son propre salon, dans la contemplation d’une ligne tendue d’un mobilier d’après-guerre. Au-delà du prestige, la BRAFA est le dernier refuge du regard lent. Ici, entre le velouté des moquettes et le silence des alcôves, on réapprend à écouter ce que les chefs-d’œuvre ont à nous dire ou ce que l’on a à nous en dire – Boombartstic Magazine Klaas Muller : L’Architecte d’un équilibre retrouvé Président de la BRAFA depuis 2022, Klaas Muller ne se contente pas de diriger une foire, il veille sur une identité. Pour lui, cette 71e édition est celle d’une élégante respiration. En invitant la gastronomie à prendre ses quartiers dans le nouveau Palais 8, il offre aux Palais 3 et 4 un luxe devenu rare : l’espace. Ce n’est pas une simple extension, c’est une attention portée au regard. En libérant les perspectives, le Président permet aux quinze nouveaux exposants de s’insérer naturellement dans ce dialogue entre les siècles, sans jamais bousculer la sérénité du parcours. Ici, l’éclectisme bruxellois retrouve toute sa légèreté. Loin de l’agitation des foires standardisées, Muller défend une exception culturelle tout en douceur. Sa stratégie ? Une croissance organique qui privilégie la profondeur à la vitesse. Pour lui, la BRAFA doit rester ce refuge qui évolue à son propre rythme, fidèle à une certaine discrétion belge. C’est cet équilibre entre l’exigence des experts et le confort des curieux qui fait de Bruxelles, le temps d’une semaine, le salon le plus convoité d’Europe. La BRAFA continue à évoluer à sa façon, avec sa propre personnalité. Ce qui nous importe, c’est de maintenir une pérennité tout en restant attentifs à la qualité et à l’évolution du marché. BRAFA 2026, Galerie Boulakia, Joan Miró (Barcelona 1893-1983 Palma), Des figures devant la lune, 1942, Pastel, gouache, lavis, pinceau, encre et crayon sur papier, 64.5 x 48.5 cm, signé Joan Miró’, (c) photo courtesy Galerie Boulakia, Boombartstic Art Magazine La Fondation Roi Baudouin : Le Cœur Battant du Patrimoine Cet équilibre entre renouveau et pérennité trouve son ancrage le plus profond sur le stand de la Fondation Roi Baudouin (FRB). Pour son 50e anniversaire, l’institution — invitée d’honneur de cette édition — ne se contente pas de célébrer le passé ; elle expose le futur de notre mémoire collective. La Fondation agit ici comme le gardien du temps, rappelant que la beauté n’est pas qu’une question de commerce, mais une transmission nécessaire. Au centre de cet espace, une pièce suspend le vol des visiteurs : la Maquette du Palais Chinois, réalisée en 1905 par l’architecte Alexandre Marcel. C’est un joyau de précision à l’échelle 1/10e, où chaque détail raconte le rêve d’Extrême-Orient du Roi Léopold II. Mais le dialogue patrimonial se prolonge à travers une sélection de pièces illustrant la rigueur des choix de la Fondation et du Fonds Marie-Jeanne Dauchy. La déambulation révèle alors des contrastes saisissants : à la verticalité boisée du Palais Chinois répond l’éclat d’orfèvreries historiques, comme les coupes de corporations, ou la ferveur médiévale d’un panneau brodé du XIVe siècle représentant l’Adoration des Mages. C’est pourtant dans le silence d’une vitrine que l’on découvre l’œuvre la plus évanescente : une dentelle aux dimensions monumentales (près de deux mètres sur deux). Entièrement réalisée à la main au point de gaze — une technique à l’aiguille typiquement bruxelloise réputée pour sa finesse extrême — elle déploie un décor floral d’un réalisme saisissant, mêlant roses, pivoines et digitales. Véritable architecture de l’immatériel, ce chef-d’œuvre de la seconde moitié du XIXe siècle témoigne de l’excellence d’un savoir-faire qui fit la renommée mondiale de Bruxelles. Sa présence à la BRAFA, avant de rejoindre définitivement les collections du Musée Mode & Dentelle, est un hommage au mécénat qui sauve ces trésors de l’oubli. Une pièce si riche qu’elle fera l’objet d’une analyse dédiée dans un prochain numéro de Bulles d’Art. Rendre des œuvres emblématiques de notre patrimoine accessibles au public et les transmettre aux générations futures. (Mission officielle de la Fondation Roi Baudouin) BRAFA 2026, Fondation Roi Baudouin, Bruxelles, invitée d’honneur, dentelle à l’aguille (point de gaze), vers 1860-1880, Dentelle de Bruxelles, 200 cm x 195 cm, Collection Fondation Roi Baudouin. Acquisition du Fonds Marie-Jeanne Dauchy en 2025, en dépôt au Musée Mode & Dentelle, Bruxelles, (c) Drouot-Etude Couteau-Bégarie, Boombartstic Art Magazine Réhabilitation des savoir-faire oubliés et de l’audace curatoriale Le retour en force des arts textiles et appliqués marque cette édition où les arts du fil accèdent enfin au rang de Beaux-Arts. La dentelle au point de gaze ou les broderies médiévales sont célébrées comme de véritables architectures de l’immatériel, replaçant la virtuosité de la main au cœur de l’expérience esthétique. Cette exigence rejoint l’affirmation de la Haute Curiosité portée par de nouveaux exposants. Qu’il s’agisse de bijoux d’artistes ou de photographies anciennes de voyage, la foire privilégie désormais des objets à forte charge narrative, transformant l’acquisition en une quête d’histoire humaine. Cette reconnaissance du patrimoine s’étend jusqu’à la consolidation de la bande dessinée comme patrimoine graphique majeur. En côtoyant l’orfèvrerie et l’archéologie, le « 9ème Art » confirme son anoblissement définitif dans les allées du Palais. Ce mélange des genres favorise le dialogue Cross-Collecting , où les barrières chronologiques s’effacent : une statuette antique vient ici stabiliser l’épure d’un meuble design, créant une résonance visuelle entre les millénaires. Enfin, ce parcours réaffirme l’ancrage local de Bruxelles au centre du monde, épicentre d’un savoir-faire artisanal où la transmission des traditions continue de nourrir l’excellence contemporaine. BRAFA 2026, De Wit Fine Tapestries, Victor Vasarely (Hongrie 1906-1997 Paris), WA-4, vers 1970, Laine, 156 x 156 cm, Signée en bas à droite Aubusson, atelier Pinton (Monogramme en bas à gauche), Édition 1/6, (c) photo courtesy De Wit Fine Tapestries, Boombartstic Art Magazine Le renouveau du marché : 15 nouveaux regards sur l’art Si la BRAFA cultive sa pérennité, elle n’en demeure pas moins un organisme vivant. Cette édition 2026 accueille un souffle de nouveauté qui vient parfaire l’équilibre des disciplines. Ces galeries ne se contentent pas de rejoindre l’événement ; elles apportent des spécialités de niche et des raretés qui confirment le statut de « haute curiosité » de la foire. L’expertise des Maîtres Anciens et de l’art classique s’enrichit de signatures internationales majeures comme Ars Antiqua (Milan), Lullo • Pampoulides (Londres) ou la Galerie Delvaille (Paris). Le segment de l’Art Moderne et Contemporain s’internationalise davantage avec l’entrée de la prestigieuse Galerie 1900-2000 (Paris), référence du Surréalisme, de la galerie Beck & Eggeling International Fine Art (Düsseldorf), ou encore de la Martos Gallery (New York). On note également l’arrivée de la Galerie de la Présidence (Paris) et de la Galerie Greta Meert (Bruxelles), renforçant l’offre en œuvres d’après-guerre. Le Design et les Arts Décoratifs, piliers de l’identité bruxelloise, s’incarnent à travers les sélections de Bossa (Miami) pour le modernisme brésilien, de Maisonjaune Studio (Paris) et de Laurent Schaubroeck (Belgique) pour le mobilier rare. Cette exploration du beau s’étend aux créations de la Galerie la Ménagerie (Paris), spécialisée dans les artistes animaliers, et aux propositions pointues de Mulier Mulier Gallery (Knokke), MassModernDesign (Amsterdam) ou encore de la Galerie de la Béraudière (Bruxelles/Genève). Enfin, la venue de Pelgrims de Bigard (Belgique) vient consolider l’expertise locale en peintures flamandes, prouvant que la transmission du patrimoine reste le socle de l’événement. BRAFA 2026 : Entre le « In » des Palais et le « Off » de la capitale L’expérience de la BRAFA ne s’arrête pas aux tapis feutrés des Palais 3 et 4. Elle s’articule entre la programmation interne du salon et l’effervescence d’une ville qui vit, le temps d’une semaine, au rythme de l’art. Le « In » : Expertise et rendez-vous nocturnes Au cœur du salon, le programme des BRAFA Art Talks (chaque jour à 16h sur le stand 151) propose cette année des rencontres très concrètes. On retiendra notamment les interventions d’experts sur l’impact des nouvelles technologies dans l’art de collectionner ou sur les défis de la transmission des collections privées. Pour ceux qui privilégient une atmosphère plus feutrée, la Nocturne du jeudi 29 janvier (jusqu’à 22h) reste le moment privilégié pour une déambulation intime, rythmée par les interventions musicales qui, chaque jour à midi, apportent une note de légèreté aux allées du Heysel. Le « Off » : Bruxelles en résonance À l’extérieur, le BRAFA City Guide invite à une véritable exploration urbaine à travers une vingtaine d’institutions partenaires. Les amateurs d’art contemporain prolongeront naturellement leur visite vers le quartier du Sablon. Une étape incontournable de ce parcours hors les murs se situe au 10 Petit Sablon, où la galerie Jan Mot présente une exposition de Francis Alÿs (en dialogue avec stanley brouwn). Pour les passionnés de design, le Design Museum Brussels, situé à deux pas de la foire, reste une extension indispensable pour comprendre l’évolution du mobilier du XXe siècle. Ce parcours Off est également marqué – alors que la photographie célèbre en 2026 ses deux siècles d’existence – par le PhotoBrussels Festival, qui célèbre cette année ses 10 ans avec un parcours photographique d’envergure dans toute la capitale. Ce rendez-vous devenu majeur, qui transforme Bruxelles en une immense chambre noire, fera d’ailleurs l’objet de notre prochain article détaillé. Ce va-et-vient entre le Palais de l’Expo et les institutions de la ville confirme que si la foire est le sanctuaire de l’objet rare, Bruxelles en est l’écrin vivant. À lire aussi : Retrouvez les dates et événements clés de la saison dans notre [Agenda des arts plastiques et visuels à Bruxelles]. BRAFA Art Fair 2026 Brussels Expo, Palais 3 & 4 du 25 janvier au 1er février 2026 Dimanche 25 janvier 2026 de 11h00 à 19h00 Lundi 26 janvier 2026, sur invitation uniquement Mardi 27 janvier 2026, de 11h00 à 19h00 Mercredi 28 janvier 2026, de 11h00 à 19h00 Jeudi 29 janvier 2026, de 11h00 à 22h00 Vendredi 30 janvier 2026, de 11h00 à 19h00 Samedi 31 janvier 2026, 11h00 à 19h00 Dimanche 1 février 2026, de 11h00 à 19h00 https://www.brafa.art/fr BRAFA 2026, Art et Patrimoine – Laurence Lenne, Reliquaire « en forme de sarcophage à toit mobile », Limoges, milieu du XIIIe siècle, Plaques de cuivre doré, émaux champlevés sur émail blanc, (c) photo courtesy Art et Patrimoine – Laurence Lenne, Boombartstic Art MagazineH 11,8 x L 27,5 x P 9,5 cm BRAFA 2026, Florian Kolhammer, Paire de fauteuils de la IIe exposition de la Sécession, 1898, Conçus par Joseph Maria Olbrich, Réalisés par Friedrich O’Ko Schmidt, Vienne, vers 1898, Chêne massif, laiton, textile (motif ‘Abimelech’ de Koloman Moser, Vienne, 1899), (c) photo courtesy Florian Kolhammer, Boombartstic Art Magazine BRAFA 2026, Almine Rech, Tom Wesselmann (États-Unis, Ohio 1931-2004 New York), Étude de fumeur (Pour Fumeur n° 11) , 1972, Huile sur toile, 29,2 x 29,2 cm, 46,4 x 46,4 x 3,8 cm (encadré), Examiné par le comité Wesselmann du WPI le 13 décembre 2023 en vue de son inclusion dans le catalogue raisonné à paraître, Provenance : succession de l’artiste, (c) photo courtesy Almine Rech, Boombartstic Art Magazine BRAFA 2026, Virginie Devillez Beaux-Arts, Pierre-Louis Flouquet (Paris 1900-1967 Bruxelles), Féminités, vers 1923-1925, Huile sur toile, 125 x 87 cm, Signé en bas à droite Flouquet, (c) photo Virginie Devillez Beaux-Arts, Boombartstic Art Magazine BRAFA 2026, Unforget Decorative Arts, Line Vautrin (Paris, 1913-1997), Miroir « Crète de coq », vers 1965, Talosel incrusté de fragments de miroir, H 50 x L 41,5 cm Diamètre au niveau de la sorcière centrale : 10 cm, œuvre est accompagnée d’un certificat d’authenticité délivré par le Comité Line Vautrin, (c) photo courtesy Unforget Decorative Arts, Boombartstic Art Magazine BRAFA 2026, Galerie La Patinoire Royale Bach, Alfredo Jaar (Chili, Santiago 1956), Life Magazine, 19 avril 1968-1995, Trois caissons lumineux, tirage C argentique sur Duratrans, 183 x 360 cm (dimensions totales), 183 x 120 cm (un caisson lumineux), Pièce unique, (c) photo courtesy Galerie La Patinoire Royale Bach, Boombartstic Art Magazine BRAFA 2026, Costermans, Jacques Dubois (Pontoise 1694-1763 Paris), Bureau à abattant en laque de Chine, époque Louis XV, Laque de Chine et montures en bronze doré, H 93 x L 85 x P 54,5 cm, Estampillé Jacques Dubois, ébéniste parisien, maître reçu en 1742, (c) photo Costermans, Boombartstic Art Magazine BRAFA 2026, Fondation Roi Baudouin, Chouette au poinçon d’Anvers, 1548-1549, Noix de coco, argent et argent doré, H 17 cm, Collection Fondation Roi Baudouin, Acquisition de la Fondation Roi Baudouin en 2002, en dépôt au DIVA – Musée des bijoux, de l’orfèvrerie et du diamant, Anvers, (c) Museum aan de Stroom, Boombartstic Art Magazine BRAFA 2026, Almine Rech, Hans Op de Beeck (Turnhout, 1969), Crow, 2025, MDF, métal, polyamide, revêtement et bronze, H 160 x L 80 x P 56 cm – Poids 39 kg, Édition de 5 exemplaires + 2 épreuves d’artiste, Provenance : Atelier de l’artiste, (c) photo courtesy Almine Rech, Boombartstic Art Magazine BRAFA 2026, Stern Pissarro Gallery, Maurice Estève (Culan, 1904-2001), Sans titre, vers 1953-1955, Gouache, aquarelle et fusain sur papier, 52,6 x 69,3 cm, Signé en bas à gauche Estève, œuvre est répertoriée dans les archives de Mme Monique Prudhomme-Estève sous le numéro A.78, Provenance : collection particulière, Royaume-Uni, (c) photo Stern Pissarro Gallery, Boombartstic Art Magazine BRAFA 2026, face à l’Atomium, Bruxelles, (c) photo BRAFA, Boombartstic Art Magazine Auteur Eric Mabille Fondateur de Boombartstic, j’explore les arts visuels avec la même curiosité que vous : à travers le mouvement, l'instinct et le temps du regard. Spécialiste en gestion de projets culturels, je décrypte l’actualité des arts pour nourrir nos envies de découvertes. Je cultive un soin d’écriture particulier pour partager mes sélections qualitatives d'expositions en galeries et dans les musées, mon agenda, ainsi que mes critiques de livres d'art. Basé à Bruxelles, j’aime dénicher l'inattendu lors de mes escapades en Europe, privilégiant toujours l'immersion des previews presse. Plus qu'un magazine, je conçois Boombartstic comme un compagnon de route pour tous ceux qui, comme moi, aiment vivre l'art avec exigence et authenticité.