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BOZAR | Picture Perfect : Briser le reflet de nos vanités

BOZAR | Picture Perfect : Briser le reflet de nos vanités

La beauté s’immisce dans le moindre repli de nos vies : du miroir flou de la salle de bain aux injonctions des réseaux sociaux. Chaque jour, la perfection semble hors d’atteinte. C’est ce vertige que Bozar place au centre de l’exposition Picture Perfect. Beauty Through a Contemporary Lens, présentée au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles jusqu’au 16 août 2026.

Qu’est-ce que la « beauté » à l’ère des filtres algorithmiques et de l’obsession numérique ? Si la Renaissance a inventé le canon esthétique, l’époque contemporaine l’a industrialisé. Avec l’exposition Picture Perfect, BOZAR prolonge magnifiquement son autopsie de l’apparence à travers l’objectif, des années 1970 à nos jours. Le contraste avec les maîtres anciens est saisissant : là où l’histoire cherchait une forme de vérité dans la laideur, notre ère numérique semble traquer le mensonge dans la perfection. Réunissant les œuvres fortes de 65 artistes venus de tous les continents, ce parcours exceptionnel dissèque la manière dont les écrans et les algorithmes ont piraté la perception de nous-mêmes.

Loin d’être un simple inventaire de nos vanités, le parcours se déploie comme un manifeste critique et émancipateur qui redéfinit la beauté comme un espace de liberté et d’humanité. Portée par un solide ancrage institutionnel, l’exposition bénéficie du commissariat de Christel Tsilibaris, historienne de l’art et figure active de Bozar.

Conçue en dialogue avec les programmes européens et internationaux — avec le soutien de Creative Europe et de Pro Helvetia —, cette programmation fait écho à l’exposition historique Bellezza e Bruttezza, interrogeant la permanence des canons occidentaux à travers les âges. Le parcours se structure à travers de grands mouvements visuels et critiques, articulant les fondements historiques des diktats esthétiques, la puissance de l’industrie cosmétique, l’artifice des corps sculptés par la technologie, jusqu’aux formes radicales de résistance et de réappropriation du regard.

Bien plus qu’un simple constat, Picture Perfect offre une formidable émancipation. On y découvre comment l’art contemporain fait voler en éclats les carcans publicitaires et médiatiques pour libérer les corps. C’est la suite logique de notre voyage esthétique : après avoir compris comment nos miroirs ont été forgés, il est temps de voir comment les artistes les brisent pour retrouver une vérité plus brute. Dans ce déluge de clichés « parfaits », que reste-t-il de notre droit à l’imperfection ? Une exposition qui ne se regarde pas, mais qui nous regarde.

Le souffle des corps et des apparences

On entre directement dans le parcours avec vingt-huit propositions choisies pour Boombartstic. Vingt-huit stations pour marquer l’arrêt, qui posent les bases d’une traversée au plus près des corps : du masque social et de la falsification des apparences à l’autoportrait de l’intime, en passant par la transformation et la mutation, les architectures de la virilité, et la distorsion visuelle et publicitaire. Une déambulation qui s’achève par une échappée belle, invitant à s’affranchir des cadres et des stéréotypes.

Masque social et falsification des apparences

Le pas se fait plus lent dès les premières cimaises, happé par la radicalité ironique d’Eleanor Antin. Dans sa série Carving: A Traditional Sculpture (1972), l’artiste consigne sa perte de poids au fil d’un protocole rigoureux : chaque jour, un cliché de face, de dos et de profil. La chair devient matière malléable. L’identité n’est qu’un costume que l’on ajuste, un décor que l’on déplace. La falsification des apparences s’impose en manifeste : on ne se montre pas, on se fabrique.

On avance à peine de quelques mètres que la silhouette se fragmente sous l’œil de Cindy Sherman (Untitled Film Stills, 1977-1980). En se glissant tour à tour dans les habits d’une pin-up, d’une bibliothécaire ou d’une héroïne de mélodrame, l’artiste ne livre pas d’autoportraits, mais dissèque la fabrique culturelle des stéréotypes. Tour à tour actrice, metteuse en scène et auteure de ses propres fictions, Sherman transforme l’artifice en une seconde peau, dévoilant la fragilité de nos modèles.

On pénètre ensuite dans l’installation Essence de Sin Wai Kin. Mettant en scène un rôle masculin avec une distance troublante, l’artiste incarne un cavalier solitaire arpentant un paysage rural. Entre films à trois canaux et affiches lumineuses, le dispositif détourne l’esthétique publicitaire pour interroger les codes de la séduction virile et du contrôle médiatique, faisant vaciller la binarité de l’identité.

Le regard s’attarde ensuite sur les séries photographiques de J.D. Okhai Oijekere, documentant les coiffures traditionnelles nigérianes aux  architectures tant complexes qu’éphémères. Autant de codes sociaux hautement stylisés qui agissent comme des masques identitaires.

On avance à peine de quelques mètres que la silhouette se fige sous le regard de Valérie Belin (Mannequins / Les Mariées). Visages lisses, minéraux et sériels : l’artiste dresse des portraits de porcelaine prisonniers d’un masque de perfection artificielle. Le corps devient surface, la chair se fait mirage glacé.

A l’épreuve de la transformation et de la mutation

On tourne un angle, et l’espace s’ouvre sur une dimension organique, presque tellurique. Le choc de la performance s’invite avec Orlan (Omniprésence). Guidée par son manifeste (« Mon corps est mon œuvre, mon art est ma chair »), l’artiste fait de sa propre chair un espace de contestation politique. Le scalpel devient instrument de création et la douleur se mue en force libératoire, dressant un manifeste subversif face aux diktats de la beauté.

La mutation se fait plus physique encore avec William Cobbing (The Sap Sequence). Dans cette vidéo, une figure anthropomorphe découpe au fil sa propre tête en argile. À chaque tranche, de la peinture s’écoule, révélant les ébauches d’un visage — yeux, nez, bouche — dans un processus à la fois grotesque et rituel. Entre horreur et dérision, cette matière tellurique nous renvoie à la figure du Golem, où l’artiste interroge la vacuité de l’identité et les limites de l’autoréalisation.

Marianna Simnett réactive le mythe antique d’Athéna, celle qui jeta sa flûte après avoir vu, dans l’eau, son visage se déformer sous l’effort. À l’écran, une incarnation de la déesse jouant d’un instrument généré par IA subit de perpétuelles mutations. Son visage, distendu par d’étranges prothèses jugales, dissèque avec une cruauté fascinante les structures de pouvoir qui régissent, hier comme aujourd’hui, nos carcans d’identité.

À leurs côtés, le duo LucyandBart s’extraient de l’emprise numérique en façonnant des personnages futuristes au genre fluide, parés de prothèses éphémères en matériaux low-tech. Des excroissances organiques surgissent à même la peau pour transformer la silhouette, redéfinissant les contours du corps afin de spéculer sur de nouveaux canons de beauté et notre idéal de perfection.

L’autoportrait de l’intime : traces, mémoires et vulnérabilités

On pénètre dans un espace plus recueilli, où le corps fait face à sa propre vérité biologique et mémorielle. 

Filmée nue, Ana Mendieta se déploie telle une créature hybride, ni femme ni papillon, baignée de lumière. Cette image aux couleurs saturées, striée d’étincelles, évoque une énergie universelle reliant l’insecte à l’homme et à la galaxie. Ce rituel visuel interroge la métamorphose comme acte de résistance et de réinvention, la mariposa blanca renvoyant à la fois à Cuba et à l’exil. Le corps devient ainsi un lieu de passage entre nature, mémoire et transcendance.

À mi-chemin entre le mythe de Narcisse et un conte moderne, Invisible Filter d’Ethel Lilienfeld ausculte l’obsession contemporaine de l’image de soi. Deux figures d’âges différents se font face : l’une verse des larmes dans un puits, l’autre s’y rince le visage comme pour capturer un élixir de jeunesse. Le film instaure un parallèle direct avec les réseaux sociaux où, distordus par les filtres, les corps suspendent le temps. Dans cette atmosphère troublante, l’œuvre saisit crûment la fugacité du vieillissement face au miroir numérique.

Les photographies de Sandra Lazzarini célèbrent une féminité universelle, affranchie du jeunisme. Sans montrer les visages, l’artiste se concentre sur des détails intimes : rides, pilosités et rondeurs assumées composent un langage plastique doux et poétique.

Finalement, c’est au cœur de l’intime et du geste performatif que le parcours trouve son achèvement. Dans la vidéo Gestures (1974), Hannah Wilke apparaît en gros plan face caméra, enchaînant des actions physiques répétitives. En étirant, pinçant ou giflant son visage, l’artiste examine méthodiquement les expressions stéréotypées de la féminité. Le caractère prolongé de ces gestes transforme le plaisir attendu en une forme de contrainte. Le sourire figé devient alors un rictus, oscillant entre la pose publicitaire et la torture.

Puissance et failles du corps masculin

Derrière chaque armure sociale palpite une fragilité, mais la construction de l’identité masculine cherche parfois refuge dans la puissance érigée en rempart. C’est ici que les photographies d’Hiroshi Watanabe  nous plongent dans un continent mental inédit : ses séries consacrées aux lutteurs de sumo capturent la quintessence d’une masculinité sacrée où la corpulence monumentale devient l’incarnation vivante du guerrier.

Dans ce dialogue, le travail de Zed Nelson vient bousculer nos certitudes : ses portraits de bodybuilders auscultent l’obsession contemporaine de l’hyper-musculation stéréotypée comme une armure identitaire façonnée pour se protéger. 

Dans la série de collages photographiques You Can’t Recognize What You Don’t Know (2020), Ibrahim Ahmed fragmente et recompose le corps masculin. En associant des découpes de studios, des figures de culturistes et des autoportraits aux accents de statuaire antique, l’artiste ébranle les dogmes de l’hypervirilité. Entre tension plastique et absence de repères, ses compositions auscultent l’impossible vulnérabilité des hommes face aux carcans du pouvoir et du contrôle.

La quête de perfection vacille devant les tirages de John Coplans (Self-Portrait, Frightened), qui délaisse toute figure héroïque pour scruter la vérité nue du corps. Serré au plus près de la peau — rides, pores et cicatrices —, le cadrage réduit la chair à une topographie sans artifice. Ce regard sans complaisance s’affranchit des canons masculins pour sonder l’intime épaisseur du derme. L’artiste impose ainsi la nudité vieillissante comme une réalité organique, libérée de tout tabou.

Enfin, Ryudai Takano (Reclining Woo-Man) opère un savoureux renversement en photographiant son ami Kikuo. Allongé nu sur un lit, cet homme mûr aux formes voluptueuses adopte des poses alanguies que l’on croirait tout droit sorties de la peinture classique. En voyant cette silhouette offerte au regard, on ne peut s’empêcher de penser à La Grande Odalisque d’Ingres. En substituant ce corps charnel et quotidien d’un homme aux traditionnels canons féminins de l’histoire de l’art, Takano bouscule les codes de la représentation. L’œuvre dynamite ainsi les stéréotypes du genre avec une ironie tendre, célébrant une beauté vivante et plurielle, loin des normes dominantes.

Regards cliniques : quand la publicité façonne les corps

Dans sa série Singular Beauty, Cara Phillips documente les coulisses immaculées des cliniques de chirurgie esthétique. Vides de toute présence humaine, ses clichés exposent l’équipement de pointe de ces lieux où s’achètent jeunesse et sex-appeal. Loin de l’intime, l’artiste pointe ici la froideur technologique d’une quête de perfection devenue un privilège de classe. Un constat clinique, sans détour, sur la standardisation de nos désirs.

On glisse ensuite vers les chromatismes acidulés de la culture pop avec Susan Anderson. L’artiste plonge son objectif dans l’univers des concours de beauté pour enfants aux États-Unis, capturant toute la théâtralité d’une tradition déviée de son innocence. Laissant ses jeunes modèles poser sans contrainte, entre éclats de jeu et mélancolie, ses images exposent sans fard le malaise d’une quête de célébrité érigée en dogme, où le maquillage et les artifices adultes viennent artificiellement vieillir les corps et les hypersexualiser.

Tandis qu’Amélie Testenoire-Lafayette retourne les canons de la représentation dans sa série Milk and Honey. En studio et dans l’intimité de son appartement, l’artiste met en scène de jeunes hommes séduisants dans des postures de douce vulnérabilité, loin des figures héroïques traditionnelles. En zoomant, recadrant et altérant ses images avec une obsession manifeste, elle fait subir aux corps masculins ce que le regard masculin a si longtemps infligé aux femmes, orchestrant une subtile et troublante inversion des rôles.

La déambulation se prolonge avec Bully Pulpit, où Haley Morris-Cafiero riposte au cyberharcèlement nourri par sa série précédente. Cible de violentes critiques en ligne sur son physique, l’artiste réplique en incarnant elle-même ses détracteurs : perruques improbables, accessoires grotesques, elle rejoue les photos de profils de ses insulteurs. En incrustant les commentaires haineux originaux directement dans l’image, elle oppose la persistance de la violence virtuelle à l’éphémère des mots. Un acte de résistance par l’humour, cinglant et cathartique, face à la tyrannie anonyme des réseaux.

Cette critique de la marchandisation trouve un écho dans les vidéos de Sylvie Fleury. L’artiste y met en scène une femme en bikini se reposant au bord d’une piscine et feuilletant fébrilement des magazines de mode. En transposant cette indolence au temps des fenêtres publicitaires en ligne, ses œuvres exposent les privilèges de classe et le vertige d’une culture du paraître, entre paillettes et critique affûtée du consumérisme.

Le parcours s’attarde enfin sur les photographies de Philippe Durand issues de la série Pharmacie. L’artiste y éclaire l’imbrication insidieuse entre santé et beauté, un amalgame exploité par l’industrie pharmaceutique de notre société consumériste. Derrière les devantures de pharmacie, les produits vantent un corps mince et jeune aligné sur les idéaux de la féminité occidentale. Derrière ces images publicitaires séductrices se cache la marchandisation des soins, vendant une beauté normalisée qui emprisonne plus qu’elle ne libère.

À travers la série Terror of Beauty, Sarah Amrani déploie une installation photographique et trois vidéos qui convertissent le visage en champ de bataille. En confrontant nos traits aux algorithmes occidentaux d’harmonie esthétique — comme le calculateur AnaFace — et aux normalisations du face sculpting, l’artiste expose la tyrannie des canons de la perfection. Utilisant le hijab comme cadre de résistance, elle subvertit les stéréotypes et déjoue les assignations normatives qui pèsent sur les femmes musulmanes.

Par-delà les assignations, une émancipation possible

Cette dernière séquence s’ouvre comme un territoire d’affranchissement, une trouée poétique où les corps échappent enfin aux assignations pour redéfinir leurs propres frontières.

La déambulation commence au plus près de l’écran avec la vidéo Open My Glade (Flatten) (2017) de Pipilotti Rist, qui plonge la chair au cœur même de la matérialité numérique. Contre la vitre, son visage s’écrase et se distord, transformant le geste en un acte de résistance pure. En maculant la surface de rouge à lèvres, l’artiste subvertit la beauté glacée et dénonce la vacuité des images publicitaires. Entre humour grinçant et malaise palpable, résonne alors un cri silencieux contre la tyrannie de la surface.

Ce questionnement du regard glisse naturellement vers le jeu de miroirs que met en scène Yumna Al-Arashi dans sa série de photographies Looking at me, Looking at you, Looking at me. À travers cinq autoportraits où la posture demeure inchangée, c’est l’angle du miroir qu’elle déplace subtilement, fragmentant le reflet pour mieux reprendre le contrôle de son propre corps. Entre l’œil extérieur qui sexualise et le regard souverain qui s’observe, l’artiste interroge sans concession la position de celle qui est regardée.

Prolongeant cette reprise de pouvoir intime vers l’espace public et politique, les collages et photographies au chromatisme saturé d’Andres Pérez font s’entrechoquer deux archétypes majeurs de l’imaginaire vénézuélien : le soldat et la reine de beauté. Dès l’enfance, ces figures binaires du pouvoir patriarcal imposent des modèles toxiques de la force et de la perfection. En les hybridant, l’artiste met en lumière leur absurdité et célèbre les identités dissidentes effacées des mémoires collectives. Talons hauts et uniformes militaires s’y fondent dans un même lustre artificiel pour ériger le collage en ultime arme critique queer.

Dans l’oeil de Boombartstic

S’aventurer sous les verrières du Palais des Beaux-Arts pour y traverser l’exposition Picture Perfect exige de suspendre l’urgence du monde pour interroger le vertige de nos reflets. En réunissant un archipel d’œuvres explorant la fabrique contemporaine des corps, l’institution bruxelloise orchestre une réflexion exigeante sur la tyrannie du visible à l’ère numérique. Le parcours, loin de se contenter d’un vaste inventaire, a réussi à multiplier les angles et points de vue et éviter les écueuils d’une démonstration trop conceptuelle.

Le cœur battant de l’exposition réside dans ce tissage subtil entre les figures historiques, telle Cindy Sherman, et une scène internationale contemporaine explorant les mutations de l’identité. On peut saluer ici cette synthèse réussieentre ironie occidentale et regards décentrés — notamment issus des scènes africaines et moyen-orientales .

Une zone d’ombre subsiste néanmoins : le silence pesant entourant la mutation du corps masculin. Alors que l’exposition dissèque avec acuité les injonctions faites aux corps féminins, elle laisse en suspend la question des diktats virils et de la fragilité masculine. Le visiteur masculin, en particulier, peine à trouver les outils pour sa propre déconstruction, le patriarcat restant paradoxalement un angle mort de cette radiographie de la beauté.

En définitive, la réception contrastée de Picture Perfect révèle moins les limites de son commissariat que l’anxiété de notre époque face au miroir de sa propre vanité. En exposant nos obsessions narcissiques tout en offrant un sanctuaire pour les contempler, BOZAR réussit le pari paradoxal de transformer une cartographie des aliénations en un manifeste pour la reconquête du regard. Une halte critique indispensable, qui nous rappelle que voir, véritablement voir, demeure l’ultime acte de résistance, pour peu que l’on accepte de regarder là où le projecteur n’est pas encore braqué.

 

Picture Perfect
Beauty through a contemporary Lens
BOZAR
23 rue Ravenstein
1000 Bruxelles
jusqu’au 16 août 2026
du mardi au dimanche, de 10h à 18h
En Savoir +https://www.bozar.be/fr

 

Pipilotti Rist, Be Nice To Me (Flatten 04) extraite de Open My Glade (Flatten), 2000, installation vidéo de Pipilotti Rist (video still), exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, (c) Pipilotti Rist / 2026, SABAM , Courtesy the artist, Hauser & Wirth and Luhring Augustine, Agenda Boombartstic mai 2026 - Fais-toi belle | Fais-toi beau, Boombartstic Art Magazine
Pipilotti Rist, Be Nice To Me (Flatten 04) extraite de Open My Glade (Flatten), 2000, installation vidéo de Pipilotti Rist (video still), exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, (c) Pipilotti Rist / 2026, SABAM , Courtesy the artist, Hauser & Wirth and Luhring Augustine, Agenda Boombartstic mai 2026 – Fais-toi belle | Fais-toi beau, Boombartstic Art Magazine

 

Zed Nelson, Image: Christopher, 22. Chest wax. J. Sister’s salon. New York, USA. de la série ‘Love Me’ par Zed Nelson, exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, (c) Zed Nelson, Agenda Boombartstic mai 2026 - Fais-toi belle | Fais-toi beau, Boombartstic Art Magazine
Zed Nelson, Image: Christopher, 22. Chest wax. J. Sister’s salon. New York, USA. de la série ‘Love Me’ par Zed Nelson, exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, (c) Zed Nelson, Agenda Boombartstic mai 2026 – Fais-toi belle | Fais-toi beau, Boombartstic Art Magazine

 

Ibrahim Ahmed, Figure # 31, de la série You can't recognize what you don't know, exposition Picture Perfect, BOZAR, 2026, Courtesy of TINTERA, Boombartstic Art Magazine
Ibrahim Ahmed, Figure # 31, de la série You can’t recognize what you don’t know, exposition Picture Perfect, BOZAR, 2026, Courtesy of TINTERA, Boombartstic Art Magazine

 

Valérie BELIN, Phlox New Hybrid (with Dahlia Redskin), 2010, Impression pigmentaire sur papier marouflé sur Dibond, 163 x 130 cm (64 3/16 x 51 3/16 in), Pinault Collection, Images E00904, Valérie Belin (c) Adagp, Paris, 2026, Courtesy Galerie Jérôme de Noirmont, Paris, Exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, Boombartstic Art Magazine
Valérie BELIN, Phlox New Hybrid (with Dahlia Redskin), 2010, Impression pigmentaire sur papier marouflé sur Dibond, 163 x 130 cm (64 3/16 x 51 3/16 in), Pinault Collection, Images E00904, Valérie Belin (c) Adagp, Paris, 2026, Courtesy Galerie Jérôme de Noirmont, Paris, Exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, Boombartstic Art Magazine

 

William Cobbing, Will.je.suis, 2020, vidéo, exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, Courtesy the artist, Boombartstic Art Magazine
William Cobbing, Will.je.suis, 2020, vidéo, exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, Courtesy the artist, Boombartstic Art Magazine

 

Ryudai Takano, 1999.09.17.L.bw.#11, de la série Reclining Woo-Man, 1999-2025, exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, (c) Ryudai Takano, Courtesy Yumiko Chiba Associates, Boombartstic Art Magazine
Ryudai Takano, 1999.09.17.L.bw.#11, de la série Reclining Woo-Man, 1999-2025, exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, (c) Ryudai Takano, Courtesy Yumiko Chiba Associates, Boombartstic Art Magazine

 

Sylvie Fleury, Current Issues - juillet - août 95, 1995, Vidéo, son, 41 min 51 sec, exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, Courtesy the artist et Thaddaeus Ropac, Salzburg, Boombartstic Art Magazine
Sylvie Fleury, Current Issues – juillet – août 95, 1995, Vidéo, son, 41 min 51 sec, exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, Courtesy the artist et Thaddaeus Ropac, Salzburg, Boombartstic Art Magazine

 

Ethel LILIENFELD , Invisible Filter, une production Le Fresnoy, Studio national des arts contemporains, 2022, exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, (c) courtesy the artist, Boombartstic Art Magazine
Ethel LILIENFELD , Invisible Filter, une production Le Fresnoy, Studio national des arts contemporains, 2022, exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, (c) courtesy the artist, Boombartstic Art Magazine

 

Sandra Lazzarini , Untitled, exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, (c) Sandra Lazzarini, Boombartstic Art Magazine
Sandra Lazzarini , Untitled, exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, (c) Sandra Lazzarini, Boombartstic Art Magazine

 

Ana MENDIETA, Butterfly, 1975, Film Super 8 transféré sur support numérique haute définition, couleur, muet, Oeuvre Vidéo (Loop): 3min. 19sec, Pinault Collection, Images E10098, Ana Mendieta (c) Adagp, Paris, 2026, (c) The Estate of Ana Mendieta Collection, LLC, Courtesy Galerie Lelong & Co., New York, exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, Boombartstic Art Magazine
Ana Mendieta, Butterfly, 1975, Film Super 8 transféré sur support numérique haute définition, couleur, muet, Oeuvre Vidéo (Loop): 3min. 19sec, Pinault Collection, Images E10098, Ana Mendieta (c) Adagp, Paris, 2026, (c) The Estate of Ana Mendieta Collection, LLC, Courtesy Galerie Lelong & Co., New York, exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, Boombartstic Art Magazine

 

J.D. ‘Okhai Oijekere, Abebe, de la série Hairstyles, 1975, exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, Courtesy Galerie MAGNIN-A, Paris, Boombartstic Art Magazine
J.D. ‘Okhai Oijekere, Abebe, de la série Hairstyles, 1975, exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, Courtesy Galerie MAGNIN-A, Paris, Boombartstic Art Magazine

 

Marianna Simnett, Blue Moon, capture vidéo, 2022, exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, Courtesy the artist et Société, Berlin, Boombartstic Art Magazine
Marianna Simnett, Blue Moon, capture vidéo, 2022, exposition Picture Perfect, BOZAR, Bruxelles, 2026, Courtesy the artist et Société, Berlin, Boombartstic Art Magazine
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